Intégrer les évaluations dans le processus d’apprentissage

L’évaluation est un levier essentiel pour améliorer la qualité des études universitaires. Souvent perçue comme une source de stress pour les étudiant·es et de charge de travail pour les enseignant·es, elle peut devenir un moment d’échange et de progression si elle est conçue et mise en œuvre de manière anticipée. Cette page vous propose de mieux comprendre ce que recouvre l'évaluation pour en faire une étape constructive et intégrée à l’apprentissage.

Définitions et enjeux

L’évaluation des acquis d’apprentissage

L’évaluation des acquis d’apprentissage permet de vérifier dans quelle mesure les étudiant·es ont atteint les objectifs pédagogiques fixés, qu’il s’agisse de connaissances, de compétences ou d’attitudes.

Elle peut intervenir à différents moments du parcours de formation et ne se limite pas à l’analyse des productions finales (examens, travaux, projets), mais inclut aussi l’observation des démarches, des postures ou des interactions des étudiant·es dans des situations d’apprentissage complexes.

On distingue trois types d’évaluation :

  • Diagnostique : évaluer le niveau de départ des étudiant·es pour adapter son enseignement à leurs pré-acquis et besoins spécifiques.
  • Formative : vérifier en cours d’apprentissage la maîtrise des connaissances et permettre aux étudiant·es de visualiser leurs progrès. Elle aide l’enseignant·e à ajuster ses méthodes en temps réel.
  • Sommative/certificative : certifier un niveau atteint, comme pour les évaluations terminales ou continues servant à valider les UE.

La démarche d'évaluation en 4 phases 

L’évaluation doit s’inscrire dans une démarche d’alignement pédagogique : les objectifs d’apprentissage, les activités pédagogiques et les modalités d’évaluation doivent être cohérents et alignés pour maximiser l’efficacité éducative.
Pour être efficace, l’évaluation suit généralement un cycle structuré en quatre étapes :

Définir précisément les acquis à évaluer, en formulant des objectifs pédagogiques clairs, mesurables et observables, souvent à l’aide de verbes d’action (taxonomie de Bloom, 1956).
Cela permet de cibler les compétences, connaissances ou attitudes à développer et de répondre à la question : "Que doit maîtriser l’étudiant·e ?"
Une formulation partagée favorise aussi la transparence envers les étudiant·es. Il est recommandé d’intégrer cette réflexion dès la conception du cours pour aligner objectifs, activités et évaluation, évitant ainsi tout décalage entre enseignement et évaluation.

Choisir des méthodes et outils pour recueillir des preuves tangibles de l’acquisition des acquis, adaptés aux savoirs et compétences visés.
Ces preuves peuvent être :
  • écrites (examens, QCM, dissertations),
  • orales (présentations, entretiens),
  • observées (travaux de groupe, stages, simulations),
  • ou pratiques (projets, portfolios, études de cas).
Le choix doit rester cohérent avec les objectifs et réalisable dans le contexte d’apprentissage.

Analyser les preuves collectées à l’aide de critères explicites (grilles d’évaluation, barèmes) pour rendre compte du niveau atteint. 
Des critères clairs limitent les biais, assurent l’équité et rendent les résultats compréhensibles pour les étudiant·es. 
Cette étape, centrale pour la validité et la fiabilité, répond à la question : "Quelle valeur attribuée à la trace recueillie ?" Elle permet aussi de fournir un feedback constructif, favorisant la progression

Proposer un retour aux étudiant·es pour les guider vers la compréhension de leurs points forts et des aspects à améliorer.
Le feedback doit être précis, constructif et orienté vers la progression. Il responsabilise ainsi l’étudiant en favorisant un apprentissage par erreur. 
L’évaluation est un processus itératif : les feedbacks permettent d’adapter les activités pédagogiques, qui sont à leur tour réévaluées, assurant ainsi une progression continue.
 

Des enjeux d'équité et de transparence

Au delà des enjeux de réussite pédagogique, un processus d’évaluation clair et transparent :

  • favorise l’équité, quel que soit le profil des étudiant·es (social, national, physique ou neurologique).
  • limite les biais (effet de halo, fatigue, comparaison sociale),
  • assure une compréhension commune des attentes, notamment grâce à des grilles critériées explicites.


L’évaluation doit valoriser des compétences transférables et mobilisables en situation réelle, plutôt que des savoirs purement théoriques, pour faciliter l’insertion professionnelle. Centrée sur l’apprentissage et non sur la sanction, cette approche réduit le stress, encourage la progression et inscrit l’évaluation dans une logique formative et bienveillante.

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Mis à jour le 19 février 2026.